Première moitié du 19ème siècle :
Origine du mouvement syndical

 

Le syndicalisme, au sens moderne du terme, n'a pas réellement existé en France avant le dernier tiers du 19ème siècle, c'est à dire avant le plein développement du capitalisme en tant que système économique . Mais le syndicalisme ne naît pas de rien ; de différentes manières, les travailleurs des décennies et des siècles antérieurs ont toujours cherché à se défendre pour améliorer leur vie .

Les années 1830 - 1850 verront s'amorcer le décollage industriel, marqué par les débuts de l'utilisation de la machine à vapeur .

Après la révolution de 1830 une série de grèves et d'émeutes ont lieu et l'idée d'une organisation générale des travailleurs commence à germer dans l'esprit de la classe ouvrière française.

En novembre 1831, à Lyon, a lieu l'évènement qui donne réellement le signal des grandes luttes prolétariennes du XIX ème siècle : La Révolte des CANUTS .

 

Les CANUTS :

Nom donné aux artisans façonniers des fabriques de soies de LYON. Ils créent une organisation mutualiste, "le Devoir Mutuel", ainsi qu'un journal ouvrier, "l'Écho de la Fabrique".

Au cours du rude hiver 1831-1832, le Devoir Mutuel prend en main la lutte pour de meilleurs salaires, organise le rassemblement des adhérents, des manifestations...

Le 21 novembre 1831, la garde nationale agresse un cortège de gréviste, il en résulte un soulèvement général.

Le 23 novembre, les canuts se rendent maîtres de LYON, qu'ils gèrent jusqu'au 13 décembre, date à laquelle l'armée peut réoccuper la ville.

Le retentissement de cet évènement est considérable, ce qui incite Thiers (déjà lui ! ), ministre de l'intérieur de Louis Philippe, à faire voter en 1834 une loi interdisant les associations, y compris celles de moins de vingt membres.

Cette décision provoque une nouvelle insurection à LYON, où les manifestants se battent pendant huit jours avec l'armée, ils seront durement réprimés lors du massacre de la rue Transnonain.

Malgré cette répression, les grèves et les actions de résistance de la classe ouvrière se multiplient au cours des années suivantes.

 

La révolution de 1848 qui renverse la monarchie réscussitée en 1830, sera largement influencée par la classe ouvrière, toutefois encore très réduite. L'émergence de ce mouvement ouvrier sera capable d'imposer au gouvernement provisoire l'idée d'une république "démocratique et sociale".

Sous la pression des ouvriers, ce gouvernement devra reconnaître le droit au travail et la liberté d'association, et créera une Commission du gouvernement pour les travailleurs, organisera des Ateliers Nationaux pour les citoyens au chômage, encouragera les coopératives de production et fixera la journée de travail à dix heures.

La Commission du gouvernement pour les travailleurs n'est pas un acquis entièrement négatif mais peu de revendications sont prises en compte par le gouvernement. A la fermeture des Ateliers Nationaux qui jette sur le pavé 100 000 chômeurs sans ressources, les ouvriers ripostent par l'insurrection de juin 1848. Ils sont écrasés. La répression est très dure. Les mesures de progrès social sont abrogées et les libertés démocratiques bafouées.

La bourgeoisie l'emportera en ralliant à elle la paysannerie et d'autres couches populaires, ainsi naîtra le second empire de Napoléon III, jusqu'en 1870.

En août 1849 une Union des Associations Fraternelles est créée par les ouvriers en quête d'une organisation ; celle-ci rassemble en quelques mois une centaine de corporations. Mais le gouvernement poursuit et condamne les dirigeants de l'Union.

Les vingt années du second empire marquent en France le décollage du capitalisme avec l'apparition de la grande entreprise comme unité économique motrice, mais ne regroupant encore qu'une minorité d'ouvriers. L'artisanat, la paysannerie et la petite entreprise demeurant dominants. Toutefois le nombre d'ouvriers augmente, de 2 millions sous le 1er empire, 4,3 millions en 1826, et près de 6 millions en 1848 .

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