L'après guerre jusqu'à Mai 68

 

1944 - 1947 - Cohabitation des deux courants dans la C.G.T. unique, symbolisée par l’existence de deux secrétaires généraux (Benoît Frachon et Léon Jouhaux). La C.G.T. a participé à l’élaboration du CNR ( Conseil national de la Résistance ). Pour la troisième fois de son histoire, après 1919 et 1936, le syndicalisme français prend un caractère de masse. Dans cette période en 1945, est fondée la FSM ( Fédération syndicale mondiale ), fédération syndicale internationale unitaire. En France, un organisation catégorielle de cadres, la CGC (Confédération générale des cadres ) se crée en 1946.

 

Au nombre des acquis durables de la Libération figurent les nationalisations de grandes entreprises et la participation des salariés à la gestion ; les comités d'entreprise ; la mise en place de la sécurité sociale ; statut de la fonction publique ; grille des salaires ; inscription du droit de grève dans le préambule de la constitution.

 

1947 - 1949 - Les tensions politiques se répercutent sur le mouvement syndical, le choix de la tutelle américaine sur la vie nationale avec le plan Marshall renforce les désaccords. De grandes grèves se déclenchent en novembre - décembre 1947, dont les origines et le développement provoquent de vives divergences au sein de la direction de la CGT . Fortement soumise à la conjoncture nationale et internationale, la CGT ne peut résister à ces pressions. En Décembre 1947 , le courant réformiste désormais minoritaire et réuni autour de la revue Force Ouvrière, fait scission. Il crée la C.G.T.-F.O. l'année suivante, tandis que la Fédération de l'éducation nationale (FEN) choisit l'autonomie en 1948.

 

La scission frappe également le syndicalisme international : en 1949, se crée la CISL - (Confédération Internationale des Syndicats Libres) à laquelle adhère F.O..

 

1950 - Loi sur les Conventions Collectives rendant la liberté à la fixation des salaires. Création du SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti).

 

Le monde s'enfonce dans la guerre froide… et la France s'enlise dans la guerre d'Indochine, dont la CGT combat le double caractère colonialiste et ruineux pour l'économie nationale .

 

Pendant ces années d'après-guerre, le grand capital redresse la tête et reprend progressivement le contrôle de l'État. Les dissensions sur le terrain politique, dans le contexte de Guerre Froide et de tensions internationales entre URSS et USA, conduisent à des rapprochements entre socialistes et partis de droite, dits de "troisième force", entraînant une mise à l'écart du Parti Communiste Français, alors parti politique puissant (25 % de l'électorat) .

 

Ces tensions exacerbent le mouvement social ; la CGT, affaiblit par la scission de 1948 mais demeurant la principale force syndicale du pays, est victime d'une vaste offensive du gouvernement en 1953, avec arrestation de son secrétaire général Alain Le Léap, perquisition de son siège . . .

 

Élections à la Sécurité Sociale, (1ère après la scission) :

CPAM : CGT ; 43,6 % - CFTC ; 21,3 % - FO ; 15,1 %

CAF : CGT ; 47,9 % - CFTC ; 23,6 % - FO ; 13,5 %

 

En août 1953, un puissant mouvement de grève donnera un coup d'arrêt à la politique économique et sociale menée jusqu'alors, et au cours de l'été 1954, ce sera la fin de la guerre d'Indochine (accord de Genève). Mais le 1er novembre 1954 éclate l'insurrection algérienne.

 

1956 - Adoption de la troisième semaine de congés payés.

 

Le 1er juin 1958, suite à une crise de régime, De Gaulle est investi président du conseil par l'Assemblée Nationale, qui lui accorde les pleins pouvoirs . Trois jours plus tard le parlement est mis en congé, c'est la fin de la IV ème République. Ce met alors en place la V ème République, autour d'un régime présidentiel fort, où De Gaulle et les hommes du grand capital investissent tous les rouages de l'État.

 

1er janvier 1959, entrée en vigueur du Marché Commun avec 6 pays : Belgique, France, Hollande, Italie, Luxembourg et République Fédérale Allemande. 

 

1960 - 1962 : Mouvement de lutte pour la paix en Algérie ;
Le 1er février 1960, 10 millions de grévistes à l'appel des syndicats CGT, FEN, UNEF, et FO . le 27 octobre 1960, nombreuses manifestations en France et le 25 avril 1961 appel à la grève générale (12 millions de grévistes) et manifestations monstres dans tout le pays contre la rébellion de certains généraux de l'armée française en Algérie. Le 8 décembre 1962, 60 000 manifestants défilent dans Paris lorsque les forces de police tirent dans la foule, faisant 9 morts au métro Charonne.
Avril 1962 - Fin de la guerre d'Algérie (Accords d'Évian).

 

1963 - Les conflits sociaux se développent, le plus souvent dans l'unité. Un accord signé aux usines Renault par la CGT, FO et la CGC contient l'octroi de la 4ème semaine de congés payés.

 

1964 - Lors de son congrès, la CFTC décide de sa déconfésionnalisation, et prend le nom de C.F.D.T. (Confédération Française Démocratique du Travail ). Une minorité refusant ce changement fait scission et décide de continuer la CFTC.

 

1966 - Le premier accord d’unité d’action est signé entre la C.G.T. et la C.F.D.T., F.O. refuse de s’y rallier.

 

Évènements de MAI 1968 :

Inquiétude et malaise s'installe à l'entreprise, au lycée, à l'université... Avenir bouché, socièté déshumanisée et caporalisée n'autorisant aucune initiative, tout cela dans un climat de luttes sociales grandissantes.

Quand l'université explose début mai, le pouvoir ne sait répondre que par la répression policière et les arrestations.

10 mai 1968, première nuit des barricades au Quartier Latin, et le 13 mai déclanchement de la grève générale la plus puissante jamais enregistrée en France.

En quelques jours il y aura 8 à 10 millions de grèvistes et cela pendant près de 4 semaines. Tout au long de ce mois se développe un mouvement social fait d'émeutes étudiantes, manifs, grèves avec occupation, meeting etc...

Le 25 mai s'ouvrent les négociations de Grenelles, entre représentants syndicaux, patronaux et gouvernementaux, débouchant sur un constat avec un nombre important d'acquis pour le monde du travail.

Les organisations syndicales sont trés actives dans le mouvement, mais sont divisées sur les perspectives politiques et la tactique des luttes. Le 27 mai le meeting qui réunit au stade Charlety (Paris) les composantes du mouvement, (meeting auquel n'ont pas été invités la CGT et le PCF), consacre les divisions et empêche une large union de toutes les forces impliquées dans le conflit social .

Le pouvoir gaulliste se ressaisi, dissout l'Assemblée Nationale le 30 mai, et dans un climat d'affolement et de division des partis de gauche, les élections législatives des 23 et 30 juin voient une large victoire de la droite au pouvoir.

Si la division des partis de gauche et des forces syndicales représentant le monde du travail a une fois de plus fait son oeuvre, le mouvement de Mai 68 produit toutefois ses effets sur la société pendant de longues années, et reste dans la mémoire collective comme un des grands moments de lutte du peuple français.

1968 se déroule en France sur fonds international agité ; lutte du peuple noir aux USA, Révolution Culturelle en Chine, et au cours de l'été 68 la tragédie Tchèque avec l'écrasement dans le sang, par les troupes du Pacte de Varsovie, du Printemps de Prague.

Les soubressauts de Mai 68 ébranlent le pouvoir gaulliste ; De Gaulle battu au référendum d'avril 1969 quitte le pouvoir, les élections présidentielles qui suivent amènent au pouvoir son ancien premier ministre Pompidou.

1968 - Si les grèves de Mai - Juin sont d’une puissance inégalée, elles n'entraînent pas le fort mouvement d'adhésions de 1936 et 1945.

Le mouvement de 68 a permis : l'extension de la 4ème semaine de congés payés (adoptée le 2 mai avant les mouvements de grève), l'instauration d'une loi reconnaissant la section syndicale d'entreprise, l'augmentation du SMIC de 35 % ; augmentation des salaires de 15 à 20 %, parfois plus ; échelle mobile des salaires dans de nombreuses branches ; retour progressif aux 40 heures hebdomadaires abandonnées après la guerre.

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