La Deuxième Guerre Mondiale

 

1939 - 1944. En 1939, avec la désagrégation du Front populaire, les désaccords se creusent entre les deux courants. L'évolution de la politique internationale (guerre d'Espagne, accords de Munich) provoque chez les militants de la CGT des réactions divergeantes. Les conséquences du pacte Germano-Soviétique (23 août 1939), et le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale aggravent la crise. Les syndicats unitaires (ex-CGTU) et ceux dont les dirigeants communistes refusaient de condamner le pacte Germano-Soviétique sont exclus de la CGT. C’est à nouveau la scission.

La France est alors occupée, l'Assemblée Nationale vote les pleins pouvoirs à Pétain, mais le Général De Gaulle, depuis Londres, appelle les français à la résistance le 18 juin 1940.

La tendance "Syndicat" de la CGT, autour de René Belin, se ralie au régime de Pétain, et s'enlise dans la collaboration et la trahison.
Léon Jouhaux et ce qu'il reste du bureau confédéral, se réunissent à Toulouse pour préserver la présence du syndicalisme dans la France occupée, mais le 16 août 1940, la CGT et la CFTC sont dissoutes par le gouvernement de Pétain.
Les syndicats exclus de la CGT, et représentants le courant révolutionnaire, jettent les bases de la résistance ouvrière. la classe ouvrière devenant ainsi le fer de lance de la Résistance, méritant le jugement porté ultérieurement par François Mauriac : "Seule dans sa masse, la classe ouvrière est restée fidèle à la patrie profanée".

Commence alors la période la plus noire qu'est vécu le peuple français, période d'occupation, de restriction, de déportation, mais aussi de résistance, de maquis, de luttes armées, de grèves insurectionnelles...

Du 26 mai au 10 juin 1941, 100 000 mineurs du Pas de Calais réalisent la première grande grève de l'occupation, mais la repression est impitoyable : 94 internés, 9 fusillés, 284 déportés...
Le 22 octobre 1941, 27 internés du camp de Chateaubriand sont fusillés, parmi lesquels des responsables de fédération dénoncés par l'administration de Pétain. Quelques mois plus tard, Pierre Sémard, secrétaire général de la fédération des cheminots, est livré par la police de Vichy aux nazis, et est fusillé le 8 mars 1942.

Pendant que les luttes se développent, le gouvernement de Vichy promulgue la "Charte du Travail", prévoyant d'insérer les syndicats dans des comités sociaux, où toutes les catégories seraient représentées (employeurs, ouvriers, cadres...), syndicalisme de collaboration de classe, obligatoire, avec grèves interdites, dirigé par les patrons eux-mêmes.

Outre les restrictions, la répression et la dureté de la vie, l'année 1942 voit se mettre en place le Service du Travail Obligatoire, obligeant les jeunes français à aller travailler dans les usines en Allemagne. De nombreux réfractaires vont rejoindre les maquis.

22 septembre 1942, Rencontre Léon Jouhaux (secrétaire général de la CGT) - Benoît Frachon (représentant le courant révolutionaire de la CGT, ex-unitaires) à Cahors. Peu de temps après, Léon Jouhaux est arrêté par les allemands et déporté en Allemagne, il ne reviendra qu'en 1945.

31 janvier 1943, tournant de la guerre avec la défaite des armée allemandes devant Stalingrad.

 

Le 07 avril 1943, les Ex-unitaires et Confédérés se rencontrent en région parisienne et signent la réunification de la CGT par ce qu'il est convenu d'appeler "les accords du Peurreux" .

Le 27 mai 1943, est constitué sous la présidence de Jean Moulin, représentant de De Gaulle, le "CONSEIL NATIONAL de la RÉSISTANCE" (CNR), où au coté des partis politiques et des mouvements de résistance, Louis Saillant et Benoît Frachon représentent la CGT.

L'année 1943 signe une recrudescence des actions de la résistance contre l'occupant ; mises hors d'usage d'usines au service de l'occupant, sabottage de trains en partance pour l'Allemagne, etc...

Le 15 mars 1944, adoption du PROGRAMME du Conseil National de la Résistance, préconisant les mesures à adopter dès la libération, établissant un vaste programme de réformes économiques et sociales : Nationalisations, Participation des salariés à la gestion, Droit du travail, Système de Sécurité Sociale, Comité d'Entreprise, etc...

Le 6 juin 1944, les troupes alliées, composées d'un grand nombre d'unités américaines et anglaises, débarquent en Normandie. Dès lors, dans toute la France, les groupes armés se multiplient, les grèves, barricades et toutes formes de luttes, participent à la libération du pays . Le 18 août 1944, la CGT donne l'ordre de grève générale pour la libération du pays (en accord avec le bureau de la CFTC) . Très largement suivie, cette grève contribue à paralyser les forces de l'occupant. Le 25 août Paris est libéré, fin du gouvernement de Vichy, la France recouvre sa liberté, la CGT et la CFTC sont rétablies dans leurs droits.

En septembre les armées américaines et soviètiques entrent en Allemagne, et découvrent la barbarie hitlérienne laissant derrière elle l'horreur des camps de concentration où ont peri des millions d'être humains.

 

A la libération, la CGT réunifiée est une puissante organisation, avec en 1946, près de 5 500 000 adhérents .

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