1900 - 1920 : Du Congrès de Montpellier à la Première Guerre Mondiale

 

1902 - Le congrès de Montpellier

Ce congrès peut être considéré comme le deuxième congrès constitutif de la C.G.T.. Le syndicalisme s’unit vraiment : la Fédération Nationale des Bourses du Travail s’intègre définitivement dans l’organisation. La C.G.T. adopte alors ses structures durables basées sur une double organisation horizontale et verticale. Les Bourses du Travail se transformeront en Unions Départementales. 

Des statuts qui furent votés par le congrès mettent en place une organisation plus forte et une unification réelle.

L'article 2 des statuts précise : 

La Confédération Générale du Travail est constituée par : 

De ce fait, la C.G.T. se divise toujours en deux sections autonomes : d'une part celle des Fédérations de métiers et d'industries et des syndicats isolés, et d'autre part celle de la Fédération des Bourses.

1902 marque l'ouverture d'une nouvelle période dans la vie de la C.G.T. Au congrès de Montpellier elle parachève son unité. La Fédération des bourses s'efface en tant que centrale et ses organisations s'intègrent dans la C.G.T. Cette unité réalisée constitue un pôle d'attraction pour beaucoup d'organisations restées jusque là dans l'expectative. L'essor de la C.G.T. commence.

Les effectifs des syndiqués ont fortement augmenté. En 1902, la C.G.T. compte environ 120.000 adhérents et en 1914 elle en rassemble 839.331.

Dans le même temps le nombre de syndicats est passé de 1.403 à 2.837, celui des Bourses et Unions de 86 à 153 et celui des fédérations de 30 à 76.

1906 - Le congrès d'Amiens confirme les grandes orientations du syndicalisme Français :

Le syndicalisme de la CGT ne limite pas son activité et ses objectifs à la défense des intérêts professionnels, il remet en cause la structure et les finalités de la société, comme en témoigne la résolution votée en 1906 au congrès confédéral d'Amiens, et connue sous le nom de "Charte d'Amiens". La CGT groupe en dehors de toute école politique tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat . L'émancipation intégrale des travailleurs ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste reconnaissance de la lutte des classes ; sont également affirmés, la prise en charge de l’économie par le syndicat ; la grève générale comme moyen d’action.

  Au développement de la grande industrie, introduisant de nouvelles méthodes d'exploitation du travail, répond une combativité ouvrière en évolution : de 1906 à 1910, violentes grèves et manifestations sévèrement réprimées par Clémenceau, "premier flic de France".

En 1906, on note la mise en place du repos obligatoire de 24 heures hebdomadaire et l'instauration d'une loi sur les retraites ouvrières.

Au cours de cette période, le courant révolutionnaire de la CGT, favorisé par son secrétaire Victor Griffuelhes, affiche son objectif de grève générale.

En 1908, la tentative en échoue, l'arrestation d'une partie de la direction de la CGT et la demission de Griffuelhes ouvre une crise au sein de la confédération.

C'est toutefois sous l'impulsion de la CGT, dont Léon JOUHAUX est élu secrétaire général en 1909, que se développent les grèves contre la vie chère, en faveur des "huit heures de travail", contre les insuffisances de la législation sur les accidents du travail et les retraites ouvrières et paysannes, contre le militarisme, les expéditions coloniales et les menaces de guerres .

En 1912, la CGT est la seule confédération syndicale existante en France, elle compte 700 000 adhérents sur un total de 7 millions de salariés.

1914 - 1918 - Malgré les engagements antérieurs contre la guerre, la majorité de la C.G.T. s’engouffre dans "l’union sacrée", impliquant l’effort de guerre. Une minorité des militants continue à s’opposer à la guerre.

 

La Première Guerre Mondiale :

Le 1er conflit mondial s'approchant, la CGT appelle au combat "contre la guerre". Le 27 juillet 1914 est organisée avec succés une manifestation à Paris, mais l'ambiance générale est à la résignation de la population et au fatalisme des partis politiques, y compris de gauche.

Le 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné ; ce qui aggrave la confusion et malgré leurs déclarations, les dirigeants de la CGT, submergés par les évènements s'engouffrent dans "l'Union Sacrée", impliquant l'adhésion de toutes les composantes de la société française à l'effort de guerre.

Une opposition contre la collaboration de classe de l'Union Sacrée, et voulant lutter contre la guerre, se manifeste au sein de la direction de la CGT lors du Comité Confédéral National de décembre 1914.

Au front se développe une guerre de tranchée générant la souffrance des soldats et une hécatombe en vie humaine. L'économie de guerre doit tourner à plein régime, avec appel en masse des femmes dans les usines pour remplacer les ouvriers mobilisés.

En 1916, le mécontentement social (cadences, blocage des salaires, surveillance policière, durée et conditions de travail...) menace ; L'opposition à la direction de la CGT s'organise autour du "Comité de Défense Syndicaliste".

En 1917, l'opposition à la guerre, la détérioration du climat social et les offensives meurtrières qui générent des mouvements de mutineries au front, oblige le gouvernement à lacher du lest (journée de 8 heures, 1/2 journée de repos hebdomadaire supplémentaire...).

L'audiance du "Comité de Défense Syndicaliste" grandit et devient une véritable opposition "minoritaire", face aux "majoritaires" regroupés autour de Léon Jouhaux. Cette cassure commence dès 1917 à marquer les fédérations et les unions départementales.

En octobre 1917, la révolution socialiste triomphe en Russie, avec la création de l'Union Soviètique. L'écho de cet évènement de part le monde contribue à exalter les débats sur l'idéologie et la stratégie du mouvement ouvrier entre les différents courants de la CGT.

Le 11 novembre 1918 l'armistice est signée, avec la défaite de l'Allemagne et la victoire de la France et de ses alliés. Le continent européen est exangue, la France détruite, et le bilan humain très lourd :( 10 millions de morts dont 2 millions de français). Le Traité de Versailles qui parachève la victoire des alliés, loin de contribuer à la paix, contient les germes du deuxième conflit mondial.

L'aprés Guerre va être marquée par un fort mécontentement populaire, qui s'exprime par l'essor de grandes luttes ouvrières en 1920, et par la montée des divisions dans la CGT, qui va aboutir à une scission en 1924..

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