De 1864 à la création de la CGT en 1895

 

1864 - Légalisation du droit de coalition. Droit de grève. Création de l’Association Internationale des Travailleurs. 

De 1862 à 1864 de nombreuses grèves éclatent. La loi du 25 mai 1864 déclare la grève licite, elle n'est plus un délit. Si le droit à l'organisation syndicale n'est pas reconnu, les chambres syndicales sont tolérées. En fait, elles se multiplient, on voit apparaître des fédérations nationales par métiers et des fédérations locales de différentes chambres de métiers. C'est une ébauche de la structure de la future C.G.T.

Des contacts se sont établis entre les ouvriers des différents pays européens. Les conditions objectives existent pour que naisse une véritable organisation internationale des ouvriers. D'où la création le 28 septembre 1864 à Londres de l'Association Internationale des travailleurs ; au début elle ne comptait que 500 membres.

Cette Association Internationale des Travailleurs bénéficiera des analyses et des orientations de Karl MARX, auteur du Capital, selon lequel "la loi du développement de l'histoire humaine est à rechercher dans la lutte des classes" et qui fera admettre, "les syndicats comme foyers de l'organisation de la Classe Ouvrière".

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Karl MARX .

Philosophe, économiste et homme politique allemand (Trèves 1818 - Londres 1883). Rédigea avec ENGELS le Mannifeste du parti communiste en 1848, et le "Capital" dont le premier tome parut en 1867. A la tête de la 1er Internationale, créée en 1864, il joua un rôle éminent comme chef du mouvement ouvrier.

 

En 1869, elle est devenue une organisation de masse dont il est assez difficile de calculer les effectifs car au cours des grèves ce sont souvent des Chambres syndicales qui adhéraient à l'Internationale.

1870 - La Commune de Paris.
Le second empire finira lamentablement, par la Guerre Franco-Allemande de 1870-1871, et la classe ouvrière, enfermée et assiégée dans Paris d'où ont fui les gouvernants et leurs plus riches soutiens, prendra conscience de la possibilité de bâtir une société socialiste. Ce sera la Commune de Paris, (mars - mai 1871), celle-ci ne parviendra pas à rompre son isolement (par rapport à la province et aux couches non ouvrières), le mouvement ouvrier qui la dirige est encore jeune, inexpérimenté, faible et divisé, et la bourgeoisie versaillaise, aidée silencieusement par "l'ennemi" d'hier (la Prusse de Bismarck), réorganisera ses forces et écrasera la Commune de Paris dans le sang .

  

La Commune de Paris :

A la suite des échecs militaires successifs infligés par les prussiens à l'armée française, lors de la guerre de 1870, Napoléon III abdique, la république est proclamée, avec un gouvernement de défense nationale chargée de continuer le guerre.

Dans Paris assiégé, s'est constitués des comités de vigilence ainsi qu'un comité central républicain des 20 arrondissements parisiens, composé de délégués ouvriers dont beaucoup appartiennent à l'Association Internationale des Travailleurs (A I T : la première Internationale).

Exédée par la capitulation du gouvernement et par les conditions humiliantes de l'armistice, la population parisienne (et la Garde Nationale du peuple de Paris, qui a combattu pendant le siège), exténuée par les souffrances du siège, empêche à la troupe de reprendre les canons, et aprés la fuite de Thiers et de l'Assemblée à Versailles, le comité Républicain assume le gouvernement de Paris et décrète les élections au conseil de la Commune, qui ont leiu le 22 mars 1871.

Le 28 mars, à l'hôtel de ville, les membres du comité central remettent leur pouvoir à la Commune, puis est proclamée la liste des élus. Mais ce ne sont pas seulement des hommes et des femmes qui vont diriger la Commune, mais le peuple de Paris, à travers les sections de l'Internationale, les chambres syndicales, les coopératives, les comités d'arrondissement...

La Commune de Paris prendra des mesures économiques, politiqes et surtout sociales révolutionnaires : remise en marche des services publics, réapprovisionement de la ville, reprise des ateliers abandonnés par les essociations ouvrières, décret sur le travail de nuit dans les boulangeries, sur l'enseignement public, abolition de la pratique des amendes sur salaire par les patrons...

Les divergences se manifestant parli les communards, mais aussi certaines erreurs sur le plan économique et tactique, affaiblirent la commune dans la lutte contre les versaillais de Thiers, plus nombreux, et avec une armée reconstituée grace à l'appui des prussiens, ennemis d'hier. Aprés avoir occupé plusieurs positions stratégiques, ceux-ci rentrent dans Paris le 21 mai, et mettent fin à la Comunne par un véritable carnage (Semaine Sanglante, du 22 au 28 mai 1871).

Sans doute près de 30 000 morts, à Versailles furent entassés 38 000 prisonniers, pour les juger, quatre conseils de guerre fonctionnèrent jusqu'en 1874, il y eut 10 000 condamnations, un grand nombre furent déportés en Nouvelle Calédonie et en Guyanne.

Premier pouvoir révolutionnaire de la classe ouvrière, la Commune a tracé la voie à une société qui ne serait pas gérée au profit du capitalisme et dans l'intérêt de la bourgeoisie.

La Commune de Paris est une épopée du peuple, dont le retentisement fut considérable tant en France que dans le monde. Ces hommes et ces femmes qui montaient "à l'assaut du ciel", selon la belle expression de Karl Marx, on écrit des pages glorieuses de l'histoir, et ses martyrs sont enclos dans le grand coeur de la classe ouvière.

Louise MICHEL (1830-1905)

C'est une des nombreuses femmes qui apportent à la Commune de Paris tout leur talent et leur courage.
Institutrice, elle refuse de prêter serment de fidélité à l'Empire. A Paris elle prend contact avec le mouvement anarchiste et adhère, par la suite, à la section française de l'A.I.T
Pendant le siège de Paris, elle est ambulancière. Elle consacre toutes ces forces à la Commune de Paris, elle réussit à échapper aux versaillais mais se livre pour libérer sa mère arrêtée à sa place.
Déportée en Nouvelle Calédonie, elle revient en France aprés l'amnistie en 1880, elle adhère à la CGT aprés 1895.

 

 

 

Eugène VARLIN (1838-1871)

Cet ouvrier relieur, Président de la chambre syndicale des ouvriers relieurs, est une des grandes figures de la Commune de Paris.

Correspondant de l'A.I.T. à Paris, membre du comité des vingt arrondissement qui pendant le siège, chasse le gouvernement de Thiers (celui-ci s'enfuit à Versailles), et organise les élections à Paris.

Participe activement au gouvernement de la Commune, il est sur les barricades pendant la semaine sanglante, il est fusillé et meurt au cri de "Vive la République! Vive la Commune!"

1884 - Loi Waldeck - Rousseau légalisant les syndicats.

Après la Commune de Paris, et malgré la répression qui a suivi, les organisations de travailleurs réapparaissent rapidement. En 1881 on dénombre 500 chambres syndicales, des congrès ouvriers se réunissent à Paris, Lyon, Marseille. Le 21 mars 1884 le gouvernement légalise un état de fait, et reconnaît le droit syndical.

1886 - Création de la Fédération Nationale des syndicats et groupements corporatifs en France. La tutelle du P.O.F (Parti Ouvrier Français) qu’elle subit très vite, souvent de manière bureaucratique, permet cependant d’ancrer la conception d’un syndicalisme de lutte de classe.

1892 - Fondation de la Fédération Nationale des Bourses du travail. Créée essentiellement par opposition à la Fédération Nationale des Syndicats. En son sein et sous l’impulsion de Fernand Pelloutier, se forgent les thèses anarcho-syndicalistes (un syndicalisme révolutionnaire antiétatique basant son action sur la grève générale) qui marqueront le mouvement syndical français. Cette même année, l’action syndicale permet l’interdiction du travail de nuit des femmes.

rnSecrétaire de la Fédération Nationale des Bourses du Travail de 1895 à sa mort. nd PELLOUTIER (1867 - 1901)

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Fernand PELLOUTIER (1867 - 1901)
Secrétaire de la Fédération Nationale des Bourses du Travail de 1895 à sa mort.

 

1895 - Création de la CGT, Congrès de Limoges,
le 23 septembre 1895.

 

Réunissant des militants représentant 18 Bourses du Travail, 126 syndicats non fédérés, 28 fédérations d'industries ou de métiers, c’est la naissance du syndicalisme confédéré. La C.G.T. ( Confédération Générale du Travail ) est née.

La C.G.T. admettait dans ses rangs les syndicats, les Bourses du Travail, les Unions et Fédérations locales des syndicats de diverses professions ou de métiers similaires, les Fédérations départementales ou régionales de syndicats, les Fédérations nationales de métiers et les syndicats nationaux, les Fédérations d'industries unissant diverses branches de métiers similaires, la Fédération nationale des Bourses du Travail.

Cependant des oppositions existent entre les partisans de l’organisation verticale (fédérations syndicales) et ceux de l’organisation horizontale (Bourse du Travail). La fédération nationale des Bourses du Travail, bien qu'à l'origine de la création de la C.G.T., y reste extérieure, indépendante (et concurrente).

L'administration de la C.G.T. était confiée à un Conseil National composé de délégués élus par les organisations adhérentes qui conservaient en fait une très grande autonomie.

C'était dans l'histoire du mouvement ouvrier Français un très grand évènement. Pour la première fois, les ouvriers étaient arrivés à coordonner dans une certaine mesure les organisations syndicales tant sur le plan local que sur le plan professionnel.

 

Les premiers secrétaires de la CGT...

De 1895 à 1898, c'est l'employé des chemins de fer A. LAGAILSE, qui occupera le poste de secrétaire. Son successeur, le travailleur municipal COPIGNAUX, quittera le secrétariat pour raison de santé. De 1900 à 1901, le militant des cuirs et peaux Victor RENAUDIN, puis le cheminot Eugène GUERARD détiendront quelques mois cette fonction, jusqu'à l'élection comme secrétaire général du cordonnier Victor GRIFFUELHES, haute figure du syndicalisme, révolutionnaire, qui assurera cette fonction jusqu'en 1909.

Victor Griffuelhes,

Secrétaire de la CGT de 1901 à 1909,
dont l'activité à fortement contribuée à asseoir
l'autorité de la CGT et à promouvoir son renforcement.

 

 

 

 

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